La Paix de Dieu : « Que tous soient UN » (Jn 17,21)
Que veut dire Jésus, quand il prie ainsi : « Que tous soient un » ? Pour tenter de comprendre, j’ai consulté mon petit LAROUSSE de poche qui me dit qu’UN est un adjectif numéral cardinal, le premier des nombres, pris comme base de la numération, désignant une quantité égale à l’unité. Adjectif qui n’admet pas de division.
En effet, Jésus donne lui-même la définition quand il dit « Comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi ». Nous connaissons ce que signifie l’unité du Père et du Fils. Le Père n’a rien fait sans le Fils ,et le Fils pareillement ne fait rien sans la volonté de son Père. « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait » (Jn 5, 19-20). Cette unité s’appelle Amour. L’unité pour laquelle Jésus prie est celle-là. Le Christ voudrait que le monde croie qu’il est l’envoyé du Père par l’amour que les croyants montreront les uns pour les autres. Il n’a pas prié pour l’uniformité. La diversité étant une richesse, elle devrait être un tremplin pour bâtir un monde de paix et de fraternité. C’est l’unité, c’est l’amour qui est missionnaire, qui amène à la foi. C’est l’unité qui évangélise. Voyez comme ils aiment, devrait-on dire des chrétiens. Le Jésuite Michel Farin1 dans son livre, L’humanité ressuscitée. Ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, explique que Saint-Paul2 témoignait d’une autre humanité, d’une humanité ressuscitée, discrètement à l’œuvre dans l’histoire, et qui ne pourra jamais être anéantie, car elle trouve sa source dans l’amour unique que Dieu porte à chaque homme, et dont chaque homme devait témoigner.
« A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35). Comme nous en sommes loin, dans nos Eglises, entre nos communautés, dans nos groupes et nos classes sociales, et entre nos groupes et nos classes sociales. Aujourd’hui, plus que jamais, les riches s’enrichissent de plus en plus et les pauvres s’enlisent dans la misère au grand mépris des dirigeants. Les orgueilleux inventent des guerres pour leur auto-glorification dans l’indifférence totale des souffrances humaines.
Le Seigneur a prié pour l’unité de ceux qui croient en Lui et pour ceux qui, grâce au témoignage des croyants, croiront en Lui. Au lundi de la deuxième semaine de l’Avent, nous avons cette Hymne aux Vêpres : « La paix de Dieu n’est pas un cri, Lancé des quatre vents de l’univers ».
Que chacun s’interroge : Moi, dans ma vie telle qu’elle est, avec les personnes telles qu’elles sont, quel sacrifice suis-je prêt à faire, avec Jésus, pour que se réalise cette prière ? Bon début d’été dans la joie fraternelle.
Père Albert
1. P. Michel Farin sj, L’humanité ressuscitée. Ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni homme ni femme, Editions Vie chrétienne, juin 2021, 80 p.
2. Gal. 3, 27-28 : « Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans Christ Jésus »



