De nombreuses croyances à travers le monde nous parlent de résurrection.
Ainsi, plusieurs divinités grecques et celtiques renaissent de façon cyclique, à l’équinoxe de printemps ou au solstice d’été. Isis a transcendé la mort d’Osiris, pour d’autres l’âme se réincarne sitôt après la mort.
La nature elle-même nous offre ce spectacle de la vie renouvelée. Peut-être avez-vous la chance d’être à nouveau réveillés, dès les premières lueurs de l’aube, par les gazouillis enjoués des oiseaux ; les premières vagues de fleurs ont déjà charmé nos jardins et talus, et habillé les vergers de blanc et de rose, en promesse de fruits savoureux.
Outre la Résurrection du Christ, si la Bible nous rapporte quelques cas de résurrections immédiates (par l’intercession d’Élie et d’Élisée dans la Bible hébraïque, par celle des apôtres Paul et Pierre dans le nouveau Testament, ainsi que celles accordées par Jésus lui-même), il y est surtout question de la résurrection universelle, « au dernier jour », comme le réaffirme Marthe
(Jn 1,24).
Mais la résurrection ne nous est-elle pas offerte tout au long de notre vie ? Larousse la définit ainsi: « Retour de la mort à la vie ». Il en donne aussi l’étymologie latine « resurgere, se relever ». Car la mort n’est pas que le passage de vie à trépas. Mon cher Larousse, rescapé de l’ère numérique, me souffle quelques expressions : souffrir mille morts, la mort dans l’âme, eau morte… La mort fait écho en ceux qui ont affronté des épreuves, des échecs, des remords, des violences, des souffrances et s’en sont trouvés engourdis, vidés de toute force jusque dans leur volonté, leur vie comme suspendue ou engluée.
Il nous faut alors compter avec le soutien de Dieu pour traverser les écueils, par les sacrements et par la prière. Ce Dieu aimant qui nous relève, nous rend notre dignité, comme Jésus l’a rendue à la Samaritaine, au mendiant aveugle, à Saul, et à tous ceux qui ont accepté de se laisser recréer. En cela, le Carême me semble un moment favorable : il propose un détachement aux choses du monde propice au lâcher-prise. J’ose le parallèle avec le Livre de Daniel « Va, prends ton repos ; et tu te lèveras pour ta part à la fin des jours ». Le Carême nous a offert un temps pour décanter en vue de la renaissance de Pâques. Il nous a engagés à nous rapprocher de Dieu, à cesser de nous débattre vainement, à Le laisser agir en nous, car nous n’y arriverons pas seuls. Mais nous ne sommes pas seuls, quelle joie de le découvrir en m’ouvrant à la foi ! Loué soit Dieu pour ce don inestimable !
Les baptêmes de Pâques seront pour chacun, je vous le souhaite, l’occasion de remémorer votre propre baptême et d’en raviver les promesses.
Alors que faire de ce cœur nouveau qui vous est donné ? Quels fruits y ferez-vous pousser ?
« Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera » (Éphésiens 5,8-14)
Gwénaëlle Lombardot
Editorial du bulletin paroissial #340



