Trégastel bourg, pourquoi un calvaire monumental ?

Mercredi 28 juillet 2021 — Dernier ajout 0000
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Pourquoi un calvaire monumental à Trégastel bourg ?
Article de Pierre-Antoine Vezin
Paru dans le bulletin paroissial d’août 2021

 

L’Abbé Bouget (1804-1877), Recteur de la paroisse de Trégastel depuis 5 ans, décide de construire un calvaire original au Bourg,sur ses propres deniers. Prêtre constructeur, il n’a pas chômé : après une rénovation complète de l’église paroissiale St Laurent du Bourg en 1868, il a déjà réalisé la statue du « Sauveur du Monde » dit « le Père Éternel » - 1869 – et des embellissements dans la chapelle de Golgon – 1869.

Le Recteur se fixe un nouvel objectif : faire vivre les habitants de la Paroisse sous le regard de Dieu et leur donner une bonne éducation chrétienne.

Pour que toute la population soit concernée, il fallait un monument bien placé sur la hauteur et dominant l’ensemble de la Paroisse. Alors, après réflexion, il décide, en 1871, de faire un calvaire monumental visible par tous.

 

Une œuvre romantique et un chaos de rochers comme sur la côte


Comme pour la statue du « Père Éternel », l’Abbé Bouget veut le faire à sa guise, laissant libre cours à son imagination. Homme du XIX° siècle, il subit l’influence du romantisme.
Pour la statue du Père éternel, il prend l’image d’un habitant troglodyte, pour le calvaire du bourg, il assimile le calvaire à un chaos de rochers comme ceux présents sur nos côtes. Bien évidemment, sous tout amas de rochers il y a un trou de homard. Ici, ce trou existe mais il est transformé en une chapelle dédiée, comme il en a l’habitude, à Notre-Dame de la Pitié »
Le calvaire est béni le 15 août 1872 et la chapelle le 7 décembre 1872

Nota : C’est l’aspect romantique de ce calvaire qui permit à la D.R.A.C. d’inscrire le calvaire à l’inventaire complémentaire.
(D.R.A.C. = Direction Régionale des Affaires Culturelles)

 

Rôle éducatif du Calvaire


Outre le regard de Dieu sur la commune, il fallait éduquer la population. Alors il imagine une promenade en serpentin, bordée de statues et de douze maximes éducatives du style : « la bonne action cachée est la meilleure ».
Dans la chapelle, une plaque pour dicter à la population comment agir en cas de naufrage (adieu les pilleurs d’épaves et autres naufrageurs).
Par son style, ce monument semble sortir d’un rêve. Il ne fait référence à aucun modèle existant. Étant parfaitement atypique, il est l’image de la vision d’un seul homme. L’on est bien, ici, devant l’esprit romantique qui a tant marqué le 19° siècle.
Cette réalisation avait un seul but : Rappeler à tous que l’on doit vivre sous le regard de Dieu

 

Les statues du Calvaire

Cette statue représente St Isidore, patron des laboureurs. Sa présence rappelle le rôle joué par les paysans de Trégastel dans la construction du calvaire.

La maxime éducative qui l’accompagne est :
« Le laboureur croyant qui connait la loi de Dieu
Vaut mieux que les personnes bien savantes et orgueilleuses
Qui passent tout leur temps à contempler les étoiles
Et oublient Dieu et leur âme »

Les autres statues du calvaire sont ;
St Laurent, St Yves (disparu), une Statue du Sacré Cœur, St Joseph et l’enfant Jésus, St François Xavier, le Christ sur la Croix.
Toutes statues réalisées par les ateliers Hernot à Lannion

Article de Pierre-Antoine Vezin
Paru dans le bulletin paroissial d’août 2021