« Salut à toi, église de ma paroisse ! »
Salud deoc’h, iliz ma Farrouz
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Jeudi 30 juin 2022 — Dernier ajout 0000
Éditorial par le Mathieu COLIN

La saison des pardons a déjà commencé, nous en célébrerons encore de nombreux cet été dans notre paroisse et aux alentours. Souvent nous y chantons la « foi de nos ancêtres », et à ces occasions nous mettons nos pas dans les leurs.
D’une certaine façon, nous poursuivons alors ces pèlerinages du peuple d’Israël vers Jérusalem dans l’Ancienne Alliance.
Dans le livre de l’Exode, nous entendons Dieu demander à son peuple de venir trois fois par an l’honorer (Ex 23, 14-17). Comme Jésus enfant avec ses parents (cf Lc 2, 41), les juifs pieux se rendaient ainsi au Temple de Jérusalem pour chanter : « Seigneur, j’aime la maison que tu habites, lieu où demeure ta gloire » (Ps 25 (26), 8).

Mais lorsque nos pèlerinages nous mènent aujourd’hui vers tant de lieux différents, où demeure-t-Il finalement ? L’esprit de clocher risque fort de semer la zizanie ! Souvenons-nous des paroles de Jésus à la Samaritaine : « Vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. […] les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité » (Jn 4, 21.23). Comme pour le peuple d’Israël, n’oublions pas que nos pèlerinages ont pour but de faire mémoire de l’action de Dieu pour son peuple, nos familles, pour nous personnellement aussi.
Une mémoire qui nous pousse à recevoir et vivre aujourd’hui ce dont on se souvient. Un jour nous l’avons peut-être rencontré sur ce banc-là, dans cette église. Mais Dieu n’est pas sur ce banc, et aujourd’hui encore je peux le rencontrer. Le Christ a donné sa vie pour nous sur la croix, au Golgotha, il y a 2000 ans, mais à chaque Eucharistie nous ne cessons de recevoir cette vie qu’il veut nous partager.

Le 4 juillet, au lendemain de mon ordination presbytérale, je présiderai ma première messe en l’église Saint-Jacques.
Ce sera un pèlerinage vers les fonts baptismaux pluriséculaires où j’ai reçu la vie des enfants de Dieu, comme bien d’autres membres de ma famille avant moi – un aïeul en 1789 déjà ! –.
Un modeste banc fut effectivement un lieu de croissance dans l’attachement au Christ et à son Église, au milieu d’une communauté qui essaye de vivre de l’Évangile reçu et d’en témoigner. Et je le dis souvent, c’est dans cette communauté que j’ai rencontré mes premiers témoins du Christ.
Malgré toute l’affection que je leur porte, je ne viens pas honorer un banc ou des pierres. Je viendrai rendre grâce parce que là où Dieu a agi, il ne cesse d’agir. Sur ce banc ou ailleurs, car devenus temple de l’Esprit par le baptême, nous sommes le vrai « lieu où demeure sa gloire ».

Voilà un retour aux sources vivifiant pour la mission.

En nous réunissant pour nos pardons cet été, nous pouvons vivre un tel retour aux sources, car nous allons nous souvenir du passé. Les coutumes locales les ravivent à chaque fois avec émotion. Que cette mémoire partagée soit néanmoins avant tout l’occasion de découvrir l’action de Dieu pour nous aujourd’hui, d’en rendre grâce et d’en témoigner.

Mathieu Colin

 

 

 

 

mise en ligne et mise en page : AD

Mathieu Colin

Âgé de 28 ans, je suis originaire de Perros-Guirec.
La vie paroissiale ordinaire avec le témoignage de chrétiens fidèles m’y a progressivement fait rencontrer le Christ. Une rencontre qui m’étonne encore chaque jour. Dans ce cadre, le désir de devenir prêtre est né assez tôt, encore fallait-il y discerner l’appel de Dieu, et y répondre !
Après une école d’ingénieur je suis entré au Séminaire de Rennes puis j’ai rejoint le Séminaire des Carmes, à l’Institut Catholique de Paris, où je poursuis encore mes études de théologie. Je nourris une vive reconnaissance pour ces années de formation, elles ont fortifié en moi la volonté d’annoncer l’Évangile et m’ont manifesté ma faiblesse.
Je peux me présenter aujourd’hui avec confiance pour servir l’Église et sa mission dans le monde comme prêtre.

Première messe : lundi 4 juillet à 11h en l’église Saint-Jacques de Perros-Guirec.