Nous voilà en marche de Pentecôte

Jeudi 28 mai 2020
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« Quand le jour de la Pentecôte arriva, les disciples étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues semblables à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d’eux ; Ils furent tous remplis de l’Esprit Saint et se mirent à parler en d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait à exprimer ».(Ac 2, 1-5)

Voilà comment l’Esprit a fait son entrée fracassante dans la vie des apôtres.

Pourtant, cette irruption n’est pas un coup de théâtre ! Dès la résurrection, et avant de monter au Ciel, le Christ avait promis à ses apôtres « Vous recevrez une force, celle de l’Esprit Saint (…) qui fera de vous des témoins » (Ac 1, 7-8). Dès le récit de la Genèse, il était déjà question de « l’Esprit du Seigneur qui planait sur les eaux », un peu comme un mystérieux personnage cherchant une piste d’atterrissage …

Cela signifie-t-il qu’à la Pentecôte le souffle divin trouve enfin en nous une terre d’accueil ? Difficile à croire quand on considère notre temps essentiellement caractérisé par le manque de repères et le vide des âmes. Mais qui sait ?

Car, comme un fort de coup de vent, le don de l’Esprit Saint vient bousculer nos existences et faire voler en éclat nos habitudes et nos certitudes. Parce qu’il est souffle de vie, souffle qui renouvelle tout l’univers, il a la capacité de traverser les murs, à commencer par ceux de la maison des apôtres. Et sa puissance créatrice va bien au- delà des murs : elle désire changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair.

Un cœur de chair est un cœur qui se laisse totalement transformer, transfigurer par l’amour miséricordieux et gratuit de Dieu. Seul un tel amour peut faire de chacune et chacun de nous des êtres nouveaux, des êtres entièrement renouvelés par le Christ ressuscité.

Comme un merveilleux tintamarre venu du ciel, ce don de l’Esprit nous réveille de notre sommeil, nous fait passer de la peur à l’assurance, de la timidité à l’ouverture d’esprit et à la solidarité, du repli sur soi à l’audace de partager notre foi. Il nous donne le courage de prendre la parole et de témoigner dans le monde de l’espérance qui nous habite. Comme une flamme, ce don de l’Esprit ravive en nous le désir de proclamer haut et fort la Parole de Dieu et d’annoncer la joie de l’Évangile.

Quoique l’on puisse en penser, nos contemporains aspirent à une vie spirituelle. Hélas, ce désir est trop souvent et faussement comblé par l’idolâtrie ; ainsi, notre vie n’est ainsi pas comblée, car elle manque de cap et de sens…

Alors, en ce début d’été, à notre petit niveau, sachons saisir ce qui nous est donné depuis la Pentecôte, ressentons en nous cette force nouvelle qui nous sort de notre léthargie pour proclamer haut et fort que, oui, nous sommes chrétiens et que cela nous rend infiniment heureux. Sachons renouer des relations humaines vraies, authentiques et profondes avec nos frères car cette Parole, qui vibre en nous et nous fait constamment tressaillir de joie, nous donne aussi la force de surmonter tous les obstacles. Elle nous permet de communiquer sans artifice et de nous positionner clairement dans notre monde d’aujourd’hui … Rappelons-nous, Saint Jean-Paul II nous l’a souvent dit : N’ayons pas peur, osons dire et partager ce qui nous rend heureux, donne sens, construit des repères, lors de notre passage sur cette terre !

L’Esprit est souffle, la respiration de chaque être vivant est invisible, certes, mais sans elle, pas de vie ! L’Esprit c’est le vent, il est force, puissance, invitation au voyage, au changement, il nous pousse à partir et à découvrir le monde jusqu’aux extrémités de la terre …

L’Esprit est feu, c’est lui qui fait rougir la braise, qui propage le feu. C’est le feu qui donne chaleur, énergie, force et courage, et le feu de la foi c’est le feu de l’amour …

L’Esprit de Pentecôte, nous conduit dehors car on enferme pas l’Esprit ni dans le temple ni dans les livres, encore moins dans les dogmes et dans les certitudes, ils traverse barrières et frontières.

Avec lui en nous, nous sommes donc armés pour affronter le monde !

Christian Cantegrit