Je suis l’Immaculée Conception

Édito du père Christophe Barwang
Lundi 27 juillet 2020
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« Réjouis-toi comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » : ce sont les paroles de l’ange Gabriel à la Vierge Marie le jour de l’Annonciation. Comblée ou pleine de grâce est une expression qui résume bien ce que signifie l’Immaculée Conception.
Pour l’Église, Dieu a voulu que la femme qu’il avait choisie pour être la mère de son Fils, soit parfaitement pure. Elle a donc été conçue sans la marque du péché originel. Et, comme catholiques, nous croyons fermement que Marie, indissociable de l’enfant qu’elle a portée, est sans péché et n’a jamais été séparée de Dieu et de son Fils.
Jésus qui est vrai Dieu ne pouvait pas entrer dans un corps souillé ou pécheur, mais pure et sainte. Le catéchisme de l’Église catholique le dit clairement en ces termes : « Tout au long des siècles passés, l’Église a pris de plus en plus conscience que Marie, à qui une grâce a été faite de la part du Seigneur, a été rachetée dès le moment de sa conception ».

Dans la même dynamique, la constitution dogmatique de Vatican II, Lumen Gentium, précise qu’elle a été « rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils et que indemne de toute tache de péché et pétrie par l’Esprit Saint, elle a été formée comme une nouvelle créature » (LG53). La conception immaculée de Marie est donc fondée sur sa maternité divine ou mieux sur les mérites de son Fils.

Dans l’histoire du christianisme, l’Immaculée Conception est une idée très ancienne. Les Pères de l’Eglise l’affirmaient dès le 4e siècle. Augustin d’Hippone disait : « De la sainte Vierge Marie, pour l’honneur du Christ, je ne veux pas qu’il soit question lorsqu’il s’agit de péchés. Nous savons en effet qu’une grâce plus grande lui a été accordée pour vaincre de toutes parts le péché, et c’est par cela même qu’elle a mérité de concevoir et d’enfanter celui dont il est certain qu’il n’eut aucun péché. ». A sa suite, saint Sophrone de Jérusalem stipule que : « Marie est pure, sainte, sans tache, resplendissante, aux sentiments divins, sanctifiée, libre de toute souillure du corps, de la pensée, de l’âme ».

La réalité du dogme de l’Immaculée Conception prend racine dans l’évangile de l’Annonciation. Dans cet évangile de Luc, l’ange annonce à Marie qu’elle est comblée de grâce. Marie ne comprend pas tout le plan de Dieu, mais s’abandonne avec foi à la volonté divine. Elle obéit et se soumet au dessein bienveillant de Dieu.

En 1830, à la chapelle de la rue du Bac à Paris, Marie apparait à Catherine Labouré et lui confirme ce que la tradition chrétienne célébrait déjà. Marie lui demande de faire frapper une médaille avec cette prière gravée dessus : « O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ». Le 8 décembre 1854, le pape Pie IX institue le dogme, c’est-à-dire la vérité de l’Immaculée Conception qui est une vérité incontestable par l’Eglise.
Dans la bulle de promulgation Ineffabilis Deus, le pape affirme : « Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine, qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu’ainsi elle doit être crue fermement, et constamment par tous les fidèles ».
En 1858 à Lourdes, la Vierge apparait 18 fois à la petite Bernadette Soubirous. La petite fille, pauvre et illettrée, raconte que la Vierge lui a dit qu’elle était l’Immaculée Conception. Ainsi, la vérité du dogme est confirmée 4 ans après la promulgation par le pape Pie IX. Chaque année, nous célébrons l’Immaculée Conception pour nous rappeler, à quelques jours de Noël, la destinée hors du commun de la mère de Jésus.

La Vierge Marie, dans son Immaculée Conception, est un modèle pour nous. En effet, bien que nous n’ayons pas été préservés du péché originel, nous ne sommes pour autant pas faits pour vivre dans le péché mais en état de grâce. Marie, par le don total de sa vie, nous montre qu’il est possible de vivre en état de grâce. Ce dogme n’est donc pas institué pour nous éloigner d’elle mais pour nous en rapprocher.

Aujourd’hui dans le monde, des milliers de personnes récitent le chapelet avec le profond désir d’être entendu par Dieu par la médiation d’une mère infiniment aimante et immaculée. Exemple d’amour et de foi, Marie nous mène vers Jésus. Elle intercède pour nous auprès de lui. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui se confient à son cœur immaculé. Marie est pour nous la personnification de l’absolue confiance en Dieu et de la grâce à laquelle tous les hommes sont appelés : une vie sans péché.

Si l’Immaculée Conception est fondée sur la maternité divine, il faut dire que l’Assomption est fondée sur l’Immaculée Conception. En effet, Saint Paul nous dit dans la lettre aux Romains que la mort est le salaire du péché. Or, la Vierge Marie a été préservée de tout péché, et par conséquent, son corps ne pouvait pas connaitre la corruption de la mort. Ainsi, au terme de sa vie terrestre, l’Immaculée mère de Dieu a été élevée en son corps et en son âme à la gloire du ciel. Elle est couronnée reine du ciel, c’est-à-dire couronnée d’une gloire sans pareille. Elle partage au ciel le triomphe de son Fils et règne à jamais avec Lui. Comme en son immaculée conception, Marie est, en son assomption, l’image anticipée de l’Eglise, que Dieu a voulue sans tache ni ride, mais resplendissante de beauté. Comme l’Eglise, elle est mère, sainte et pure. Par son assomption, Marie est pour toute l’humanité un gage d’espérance et une promesse de résurrection.

Père Christophe Barwang