Église Saint-Yves, Louannec

Mercredi 28 avril 2021 — Dernier ajout 0000
0 vote

 

Louannec
Église Saint-Yves
Louannec est une station balnéaire de 13,9 km², non loin de Perros-Guirec, d’environ 3200 habitants (les Louannecains) qui a toujours été connue, plus comme un village d’agriculteurs que de pêcheurs.

Son église paroissiale Saint-Yves datant du XIIe siècle est démolie en 1873.
Saint Yves fut nommé prêtre de la paroisse en 1292 et son ministère s’est achevé à sa mort en 1303. Le nouvel édifice dédié à saint Yves date du début du XXe siècle. Les vitraux sont remarquables et racontent les étapes de la vie de saint Yves.
Au plan culturel, c’est à Louannec qu’Ernest Renan (1823-1892), philosophe, historien et écrivain, fixe sa résidence d’été en 1885, au manoir de Rosmapamon.

Cet article a été tiré du livret fourni par le relais paroissial de Louannec,
si vous avez des compléments, n’hésitez pas à nous les transmettre…

Rappel : Le pardon de Saint-Yves de Louannec, a lieu le 8 mai (voir l’article ici)
Ce livret est une reprise actualisée du livret édité à l’occasion du centenaire de l’église de Louannec, relais paroissial de la paroisse de Perros-Guirec du diocèse de St BRIEUC et TREGUIER, dans le département des Cotes d’Armor. Il est téléchargeable ici

Il constitue un guide succinct des richesses de cette église, richesses héritées en partie, de l’ancienne église (qui apparaît sur le vitrail du transept sud présenté au dos de la couverture).

Historique
En 1896, la charmante petite église de Louannec, dédiée à Saint Emilion jusqu’à la canonisation de saint Yves, en 1347, fut démolie. C’était presque une ruine. De plus, elle était trop petite pour pouvoir accueillir ses nombreux paroissiens.

Déjà, dans son ordonnance du 20 Mai 1873, Monseigneur Daniel, Évêque du diocèse de Saint Brieuc et de Tréguier déclarait : « il est nécessaire de reconstruire l’église de Louannec dont les murs menacent ruine par endroits et dont l’insuffisance pour la population est notoire ». Plus tard, le Conseil de Fabrique du 14 janvier 1894 fait état que « le projet de réparation ou de reconstruction de l’église jouit de l’appui moral de la population toute entière désireuse de travailler à la gloire de Dieu et du grand saint Yves, en bâtissant une église digne de la foi des habitants de Louannec et en proportion avec les besoins du culte divin ».

Cependant, beaucoup regrettèrent la disparition de la vieille église. La nef romane existait encore et, sous ses voûtes, saint Yves avait prêché et célébré les Saints Mystères, car il fut recteur de Louannec de 1292 à 1303, année de sa mort.

A la place, on construisit l’église actuelle sur le projet et sous la direction de l’architecte Le Guerrannic. Cette édification se fit sur le même emplacement, débordant un peu sur le cimetière alentour, lieu de sépulture qui existait déjà à l’époque druidique. La première pierre de la nouvelle église fut bénie le 17 Mai 1896 et l’église terminée en Août 1898.

Les vitraux

L’église de Louannec possède de superbes vitraux réalisés, entre 1930 et 1938, par Monsieur A. Bessac, maître-verrier à Grenoble ainsi que par Messieurs Bonvin-Renaux et Champigneulle de Paris.
Ces compositions, lumineuses et décoratives, représentent les différentes phases de la vie de saint Yves (17 octobre 1253 - 19 mai 1303) et ses miracles. Ils furent, pour la plupart, offerts par de généreux paroissiens.

Voici une description plus ou moins détaillée de chacun d’eux, le premier correspondant à celui qui se trouve à gauche près de la porte d’entrée.

Saint Yves éteint un incendie dans une maison Dom Yves éteignit un gros incendie à Louannec chez les Hamon à l’aide d’un seau de lait et d‘un signe de la croix. En souvenir de ce miracle, la ferme, qui existe toujours, fut appelée Ker Ewen, Ker Yvon aujourd’hui. Elle est située rue du Professeur Lesné.

Saint Yves enfant Très intelligent, plutôt destiné au métier des armes comme son père et son grand-père (qui avait été ennobli par le Duc de Bretagne Jean ler, et avait reçu en fief la seigneurie de Kermartin), Ezwan (et ultérieurement Ezwan) Helouri de Kermartin aimait, plutôt que de jouer à la guerre, construire des bateaux et organiser des processions. « Les aigles et 1a Croix noire du blason de famille sont appelés en lui à d’autres combats, ceux de l’esprit et de la sainteté ». (extrait du panégyrique de saint Yves, prononcé en 1967 dans la cathédrale de Tréguier par M. Le Floc’h , ancien recteur la paroisse de Louannec).

Yves aura parcouru au soir de sa vie un nombre impressionnant de kilomètres. Les paroissiens visitent saint Yves mourant Malade et alité depuis la fin avril 1303, il parvint cependant à dire la messe du 15 mai soutenu par l’Abbé de Beauport et Dom Alain de Bruc, archidiacre de Tréguier. Après la messe, il, Saint Yves, console la veuve Hillion de Trèleven (orthographe respectée) Saint Yves confesse Sibylle épouse Je B de Grosilly (ci-contre) Saint Yves en pèlerinage à Notre-Dame, à Quintin confessa encore une de ses pénitentes, puis se coucha et ne se releva plus.

« Il était déjà tout vieux et tout cassé » dit un témoin, « mais plus de privations et d’austérité que de vieillesse ». Il mourut au petit matin du 19 mai. Il n’avait pas encore 50 ans. Saint Yves étudiant Il se rendit à Paris avec son ami et jeune maître Jean de Kergoz, à pied bien entendu. Il avait 14 ans. Il y resta 10 ans, suivant les cours à l’université, plus particulièrement ceux de saint Thomas d’Aquin à la Sorbonne, menant une vie modeste et retirée. Puis il partit à Orléans étudier le droit, là où se trouvaient les meilleurs professeurs de droit d’état et de droit d’église.

A cette époque, à la fin du règne de Saint Louis, plusieurs tendances intellectuelles s’affrontent : partisans du droit coutumier ou tenants du droit écrit. Les uns, défenseurs des traditions provinciales, de l’équité, des libertés individuelles, les autres, s’appuyant sur le droit romain, poussant à une administration centralisée. Yves Hélouri a choisi contre l’arbitraire : il restera convaincu de la liberté provinciale.

Miracle à Pont Losquet
Catherine Autret, âgée de l5 ans, Paroissienne de Plestin était entièrement paralysée, ne pouvant même pas se nourrir seule. Elle se fit conduire en pèlerinage au tombeau de Saint-Yves. Sept semaines durant, elle y resta en prières. N’ayant ressenti aucun soulagement, elle prit le chemin du retour, désespérée, entourée d’ un groupe de fidèles venus la consoler. En approchant de Pont Losquet, elle tourna la tête vers la cathédrale (seul mouvement qu’elle pouvait effectuer) et dit (en breton, souligne le rapporteur) : « O saint Yves ! comment irai-je ainsi infirme voir ma mère ?, O saint Yves ! que Je vous sois redevable de ma délivrance !" Aussitôt, elle fut entourée d’une ‘si grande clarté qu’elle en fut toute réchauffée et put enfin remuer bras et jambes. Neuf témoins confirmeront les faits. Jean Radulphe, habitant de Tréguier, la vit revenir à l’église, en marchant, ayant à sa suite une foule de gens. Il s’en alla sonner les cloches pour annoncer le miracle.

Saint Yves prêchant à Louannec : (Transept Nord ; couverture) Official de Tréguier, recteur de Trédrez, puis de Louannec, il prêchait souvent plusieurs fois par jour, certains dimanches, en des endroits assez distants les uns des autres. Par exemple : Kermartin, puis la Roche-Derrien, Ploëzal, Plouëc, d’où il revenait à jeun en déclinant les invitations qu’on lui faisait. Les gens ne se lassaient pas de l’écouter et parfois le suivaient de paroisse en paroisse pour l’entendre encore prêcher.

Saint Yves soulage les âmes du Purgatoire (de 1930. derrière le maître- autel, à gauche) Yves et les marins derrière le maître-autel, au centre) Seuls des marins pourraient dire combien des leurs, depuis six siècles, ont invoqué saint Yves et ont été sauvés par lui du naufrage et de la noyade. Combien sont émouvants les ex-voto offerts en reconnaissance ; nous en possédons deux dans cette église. Un seul des artisans ciriers trégorois pouvait signaler au procès de canonisation trois miracles qui lui avaient valu commande de vaisseaux de cire ; mais des navires de ce genre, il y en avait déjà plus de 90 suspendus dans la cathédrale de Tréguier, attestent les commissaires apostoliques et aussi 27 bateaux d’argent sans compter les humbles effigies en bois.

Saint Yves visite et réconforte les malades et les mourants, (daté de 1930 ; derrière le maître- autel, à droite)

Saint Yves faisant l’aumône à Kermartin (de1936, Transept Sud) Il la fait complètement, déraisonnablement comme font les saints. Lui donne-t-on quelque chose ? Il le vend pour en distribuer l’argent aux miséreux. Tous ses revenus y passent. Il fait construire, à côté de la maison paternelle, un refuge pour les sans-abris, distribue lit et nourriture, ne gardant que le minimum pour lui et toujours les mets les plus grossiers. Soignant les malades, nettoyant leurs plaies, rien ne le rebute, les travaux les plus vils, il les fait avec joie.

Saint Yves donne sa soutane Official, c’est-à-dire juge, il était aux yeux de tous un personnage d’importance. Sa charge n’était pas sans decorum ; l’évêque lui-même lui faisait cadeau chaque année de ses habits somptueux. En plus de la chemise et des chausses, Ezwan portait une longue tunique, par-dessus laquelle il enfilait le surcot, plus court mais plus ample. Dehors, ou durant les cérémonies, il ajoutait l’épitoge, sorte de grand manteau flottant, et coiffait le chaperon qui couvrait la tête et les épaules. Ces vêtements étaient taillés dans un beau drap de couleur perse (bleu vert), très intense et très brillant. Le tout était orné de fourrures. Avec de belles bottines, la panoplie était complète.
Dom Yves a porté ces riches vêtements à Rennes, puis à Tréguier, soit pendant ll ans. En 1291, il jette ce bel apparat, mais non pas aux orties : « nous le vîmes un jour entrer à l’Hôtel Dieu », raconte Constance Imbert (témoin 45),« vêtu de son riche costume et chaussé de bottes. Quand il sortit de l’hôpital, il était pieds nus, sans capuchon ni surcot ; il se hâtait vers Kermartin,.tenant un coin de son manteau sur sa tête. il avait donné son capuchon à un pauvre infirme, la fourrure de sa tunique à un autre, la tunique elle-même à un troisième et ses bottes à un aveugle ».
Il se fit tailler, un habit de trois pièces dans une piètre étoffe de bure (c’est-à-dire de grosse toile bise) et ne porta plus que ce genre de vêtements jusqu’à sa mort.

Saint Yves ressuscite l’enfant à Kerallain. Yves, allant de Louannec à Tréguier, trouva, en passant près de la ferme de Kerallain, un bambin qui gisait au fond du lavoir. Lorsqu’il le retira, ce n’était plus qu’un petit cadavre. Mais sa grande charité et sa confiance en Dieu firent que Dom Yves parvint à lui redonner vie. En souvenir de ce miracle, une chapelle fut édifiée à cet endroit en 1350 (50 ans à peine après sa mort). L’édifice fut restauré 300 ans plus tard, puis en 1873. En 1933, sur les lieux mêmes de cette chapelle, une nouvelle construction en granit fut bâtie, perpétuant l’attachement au saint trégorrois.
Chaque année, fin août, lors du Pardon de la « Petite Saint Yves », les pèlerins se rendent en procession à la fontaine. Ils contournent le lavoir, trempent la main dans l’eau fraîche, font le signe de la croix, puis reviennent vers la petite chapelle en chantant des cantiques à saint Yves. Avant de se séparer, le prêtre bénit tous les enfants présents.

Saint Yves guérit le possédé du Trévou. Alain Le Coz subissait toutes sortes de vexations de la part du démon. Il déchirait ses vêtements, ne dormait jamais, se roulait par terre. Un jour, saint Yves envoya un de ses familiers le chercher. Arrivé à l’église de Louannec, Dom Yves lui demanda s’il était vraiment possédé. « Oui, dit le malheureux, je l’ai dans le corps, il m’humilie et me parle souvent. »Saint Yves le prit à part pour le confesser, puis l’interrogea de nouveau :
- « Le démon t-a-t-il encore parlé ? »
- "Oui, il m’a menacé et m’a dit pourquoi m’as-tu conduit ici ?

Le sens de ces miracles nous est rappelé par saint Thomas d’Aquin :
« Dieu les produit pour l’utilité des hommes : premièrement, pour confirmer les vérités prêchées, deuxièmement, pour montrer la sainteté d’un homme que Dieu veut proposer en exemple de vertu ».
Malheureux à toi, tu paieras de m’avoir conduit à cet endroit".
-« Il ment le démon, s’écria saint Yves ! Ce n’est pas toi qui paieras, c’est lui. Tu mangeras et tu coucheras chez moi cette nuit. »
Le soir venu, Yves fit préparer près de son lit de cendres, un autre lit qu’il aspergea d’eau bénite.
Il pria et lut l’évangile de saint Jean et fit coucher le possédé. Lui-même veilla et passa presque toute la nuit en prières.|
Au matin, il interrogea Le Coz :
- « Comment as-tu passé la nuit ? »
- « très bien répondit l’homme, voilà plus de trois ans que je ne m’étais plus reposé comme cette nuit. »
- « Le démon t’a t il parle’ depuis ? »
- « Non, il m’a quitté tout à fait ». « _ - »Rendons grâce à Dieu« , ajouta le recteur »retourne chez toi. Sois fidèle à la messe, fais l’aumône, garde les commandements de l’église de peur que le démon ne revienne et ne soit pire qu’avant !"
(Témoin 102, propre fils du possédé).

Les cloches

Ne disposant pas de clocher, par manque d’argent, le beffroi de l‘église de Louannec est protégé par un dispositif à lames, appelé abat-sons ; car la tour protège "YVONNE-MARGUERITE", "JeanNE-JOSEPHINE" et "FRANCOISE D’AMBOISE“.
Ces 3 superbes cloches composées essentiellement de cuivre rouge et, en moindre proportion, d’étain fin d’Angleterre, pèsent respectivement 826 kg, 575 kg et 424 kg ; sachant que le kilogramme de métal valait 3 Francs. Un récépissé des Chemins de Fer de l’Ouest atteste la date de leur livraison à la gare de Lannion : le 5 juillet 1899. Les deux vieilles cloches de l’ancienne église furent reprises 2 Francs le kilo.(poids total : 968 kg) par le fondeur, M. Viel-Tetrel, à Villedieu .

Sur 1a première cloche, il est possible de lire : "Je me nomme Yvonne-Marguerite. J’ai pour parrain Mr Yves Tassel Pour marraine Melle Marguerite Salliou » J’ai été’ bénite en 1899 "

Sur 1a seconde : "Je me nomme Jeanne-Joséphine J’ai pour parrain Mr Pierre Lissillour Pour marraine Melle Jeanne Riou J’ai été bénite en 1899"
Et sur la plus petite : "Je me nomme Françoise D’Amboise J’ai pour parrain Mr François Bourdellès Pour marraine Melle Catherine Denis ‘J’ai été bénite en 1899"

Toutes trois portent les inscriptions suivantes : Sa Sainteté Léon XIII, Pape Mgr Pierre Marie Frédéric Falhières, Évêque de St Brieuc et de Tréguier Mr Joseph Allain, Recteur" Mr Yves Marie Turpin, Vicaire Mr Jean Le Rolland, Conseiller Général ; Maire de Louannec Mr Toussaint Garlan, Adjoint Mr Yves Le Poncin, Président Mr Yves Marie Daniel, Trésorier Mr Yves Le Bellec Mr Yves Marie Even Mr Jean-Marie Allain, membres du conseil de fabrique Gloire à Dieu et à Saint-Yves Viel-Tetrel à Villedieu (Manche)
Le fondeur a gravé sur les trois cloches toutes les inscriptions souhaitées, sans aucune indemnité, se faisant même un honneur de présider à leur installation dans le beffroi.

Mobilier datant de la nouvelle église

Le grand autel offert par une famille de Louannec, il est l’œuvre de Mérer, sculpteur à Lannion. Il date du début du siècle. De part et d’autre du panneau central une sculpture de sainte Marguerite à gauche et de saint Alain à droite.

La chaire à prêcher : elle serait aussi l’œuvre de ce même Mérer. D’anciens panneaux ont été réutilisés : l’an MDMXV figure sur l’un d’eux ; saint Yves est représenté entre le riche et le pauvre ; sur un autre, on reconnaît l’ancienne église de Louannec. En relief, on peut lire : « An treo oll dremeno nemet Doue hag a Gomzo », ce qui signifie : « Tout passera sauf Dieu et sa Parole ».

Le tableau en bois sculpté (transept nord, à gauche) il représente Saint Yves ressuscitant l’enfant du seigneur de Kerallain, en Louannec.

L’autel latéral Nord (à gauche) D’inspiration néogothique, il est l’œuvre d’EIy-Monbet, sculpteur à Caurel près de Rostrenen (1913). Il présente une composition pyramidale. Sur le devant une Sainte Famille Établies au centre de quatre-feuilles, les inscriptions, PAX et AMOR, se dégagent de motifs floraux sculptés : rameau d’olivier et entrelacs de rose. Sur la table, il est possible de lire SANCTUS, formule ponctuée d’un motif végétal libre.

Le chemin de croix De part et d’autre de la nef, les quatorze stations du Chemin de Croix datent de 1924 et sont signées M. Chantrel. Voir l’article concernant le chemin de Croix de Louannec

Le tableau (dans le chœur, à gauche, au-dessus de la porte) « Jésus chez Marthe et Marie », cette huile sur toile signée d’Henri Scheffer, fut donnée à l‘église de Louannec en « souvenir d’Ernest et de Michel Psichari », comme l’indique le cartel fixé sur le cadre. Ils étaient les arrière-petits-fils du peintre et, par leur mère, les arrière-petits-fils d’Ernest Renan. La facture est assez quelconque (sic L. Peisse critique, salon de 1842).

Le dallage il a été effectué par Mr Péron, maître-carrier et tailleur de pierres à Pleumeur-Bodou. La pose des pavés devait être terminée pour la fin avril 1902. Une souscription fut ouverte, mais la somme récoltée étant très insuffisante, Monsieur le Recteur Prigent versa la différence (une somme rondelette). En bas de la facture, il ajoute une phrase pleine d’humour : « Et qu’on ne dise pas que nous n’avons pas donné notre obole ». L’autel latéral sud (près de la chasuble)

Dû également à Ely-Monbet, le retable en bois développe une ornementation à caissons rectangulaires et à motifs floraux ; un panneau à figure de clés entrecroisées et à inscription en occupe le centre géométrique ; (description extraite des « Trésors secrets des Côtes-d’Armor, 1000 ans d’Art et d’histoire. »)

Trésors de l’ancienne église

La Pieta (au-dessus de cet autel, dans le transept sud. Belle statue en bois sculpté polychrome du XVlème siècle, représentant Notre-Dame de Pitié.

La Chasuble
Un des plus précieux trésors conservés est la « Chasuble de Monsieur Saint Yves ». Ce dernier, qui ne portait que les vêtements des plus pauvres, a dû endosser ce magnifique ornement pour dire la Messe car « rien n’est trop beau pour le service de Dieu », disait bien plus tard le Saint Curé d‘Ars.


Le plus ancien document que nous possédons encore est un inventaire de 1609. Un autre de 1618 nous apprend que « cette chasuble est en ladite paroisse de temps immémorial ». _ Expertisée par un spécialiste du British Muséum, à Londres, elle serait .du début du XIIIe siècle et constituerait la plus ancienne pièce de vêtement au nord de la Loire.
Sa coupe indique une date antérieure à la vie de saint Yves et l’étoffe, mi-soie, mi-lin entremêlés de fils d’or ainsi que les motifs mêmes du griffon, de l’arbre de vie « HOM » et de la rosette qui comblent les vides entre chaque animal magnifiquement stylisé, sont d’origine hispano-mauresque ; on devrait même dire, byzantine. L’influence de Byzance s’était étendue à partir du pourtour méditerranéen sur toute la chrétienté (voir les sculptures byzantines des chapiteaux romans de l’église de Perros-Guirec).

Cette magnifique pièce a été restaurée plusieurs fois, notamment en novembre 1657 par M.Le Gall, brodeur, qui promet de la « réformer à la moderne conformément à l’acte fait entre moy et les dits marguillers depuis quinze à vingt jours et que je promets de rendre sans frais parce que je suis assez payé ! » (Archives communales). Elle fut de nouveau restaurée en 1935 par les Amis de 1a Beauté du Culte Divin (A.B.C.D.). ’

Le groupe de saint Yves entre le riche et le pauvre (au-dessus de la chasuble) Ce triptyque est du XV ème siècle. Sous des peintures plus récentes, on peut deviner les hermines qui marquaient le surplis, signe du magistrat. L’official jugeait tous les procès qui concernaient les clercs, les étudiants, les croisés, les veuves et les orphelins ; tous ceux, en fait, que touchaient les questions religieuses. Et ceci, même pour les affaires pécuniaires liées aux questions familiales parce qu’elles mettaient en cause le sacrement de mariage. C’est peut-être de saint Yves cette belle maxime de la très ancienne coutume de Bretagne : « Justice fut établie pour charité ». Elle était reléguée dans un petit local au-dessus de 1a sacristie lorsque Monsieur l’Abbé Le Floc’h, recteur de Louannec de 1956 à 1986, année de sa mort, la découvrit. Les Beaux-Arts l’ont restaurée, puis elle a trouvé place dans cette vitrine qu’il fit réaliser à ses frais.

La stèle (transept sud) C’est du jardin du presbytère que Monsieur l’Abbé Le Floc’h fit également déplacer une stèle du VIIlème siècle portant l’inscription : « Disideri fili Bodognus ». Elle avait été retirée du cimetière au moment de la construction de l’église et se trouve à présent dans le transept sud.
La pierre tombale (transept sud) Entre la chasuble et la stèle, se trouve, sous enfeu, le gisant de Tristan de Coëtmen, seigneur de Boisguézennec, XVe siècle.

Le rétable avec le tableau (transept nord) Ce retable en bois du XVIIe siècle est décoré de belles colonnes veinées rose-brun, dressées au-devant de pilastres verts que séparent des chutes dorées. Le tableau central, signé Pigeon (1674), représente saint Yves rendant justice au pauvre et se détournant d’un riche au bel habit sous le regard attentif, de la Colombe surgie d’une nuée que le peintre a placé dans sa toile.

Statues  : (au fond de l’église, de chaque côté de l’ancienne entrée de la nef) Sainte Marguerite et Sainte Barbe, dans leur encadrement, en bois sculpté et peint, XIVe et XVIIe siècles. (de part et d’autre des Fonds Baptismaux) : Saint Jean l’évangéliste, XVIIe siècle et Saint-Loup. (de part et d’autre du maître-autel) : Saint Yves (XVIIIe siècle) et Saint Emilion.

Confié à l’église Saint Yves de Louannec depuis 2020 par M. Et Mme Philippe et Miny Du Roy de Blicquy qui l’ont reçu en cadeau de l’auteur M. Daniel Leruster Mathorel en 2019.
Ce tableau est exposé près des fonds baptismaux.

  à consulter également, l’article consacré au chemin de croix  

Cantique à St YVES
N’an neus ket e Breizh, n’an neus ket unan,
N’an neus ket eur Zant evel Zant Erwan
Il n’y a pas en Bretagne, il n’y en a pas un seul,
Il n’y a pas un saint, pareil à St Yves.

L’église, magnifiée de toutes ses œuvres d’art, n’est pas qu’un édifice. C’est surtout le symbole de notre Foi comme le sont nos cantiques bretons d’une si grande beauté. Les paroissiens ont eu à cœur de construire, réparer, entretenir et embellir ces monuments mêmes de notre spiritualité.

C’est très significatif en Bretagne : à chaque génération, les familles ont donné de l’argent, des matériaux, du travail, de leur compétence, pour que demeurent ces signes visibles de notre Foi et encore aujourd’hui : la chapelle de Kerallain relevée de ses ruines en 1932, qui a fait l’objet de travaux réguliers presque jusqu’à nos jours et la belle croix celtique du nouveau cimetière, érigée en 1986, en sont des exemples typiques.

La statuaire de Saint Yves, si abondamment répandue dans nos villages, le souvenir des lieux de ses miracles, montrent à quel point la flamme de sa foi et de son inépuisable charité, est restée présente dans nos cœurs. C’est le ciment qui nous unit et qui nous aide à garder nos bases spirituelles et le sens du sacré, sans lequel tout se désagrège, à commencer par le sens moral.

Nous sommes plus que jamais confrontés à l’écroulement des idéologies et entourés de misères de toute sorte. Saint Yves nous est une lumineuse référence : juge équitable, modèle des prêtres, refuge des malheureux, c’est un idéal de vie qu’il continue de nous proposer depuis plus de 700 ans.

Pour continuer la visite, plusieurs liens :
http://www.infobretagne.com/louannec-eglise.htm
https://www.ex-voto-marins.net/pages/lieupage22Louannec.html_ https://cartorum.fr/louannec-louannec-eglise-52442.html
http://docarmor.free.fr/valarmor/valouest/louanne1.htm
https://50-ans-louannec.bzh/
http://www.sardolog.com/bisso/france/loanec.htm

info document Louannec-vitrail-St-Yves mourant

Documents à télécharger