Deuxième dimanche de Pâques, Homélie par Christian Cantegrit, diacre 19 avril 2020

Vendredi 17 avril 2020 — Dernier ajout dimanche 26 avril 2020
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HOMÉLIE DU DEUXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES.

Évangile de Jésus-Christ selon St Jean : 20 (19-31).

Autre lien pour lire l’Évangile :
Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones

Il y a une semaine, nous fêtions Pâques. Le récit d’aujourd’hui commence le jour de Pâque justement. Le matin, Marie de Magdala, Pierre et Jean ont vu un tombeau vide. De Jean, il nous est dit qu’il avait cru et de Marie qu’elle avait eu une apparition de Jésus. Ont-ils réussi à convaincre les autres disciples ? Il semblerait bien que non !

De toute façon, les disciples semblent avoir une tout autre préoccupation, assurer leur propre sécurité car ils ont peur d’être inquiétés. Si l’on a tué Jésus pourquoi ne tuerait-on pas aussi ses disciples ? Alors ils ne quittent plus la maison qu’ils occupent et s’y enferment à double tour … Comme si la disparition de Jésus allait les laisser indéfiniment dans la nuit. Mais dans cet enfermement, où personne ne peut plus les rejoindre, Jésus leur apparaît !

Jésus n’est pourtant pas un passe-muraille et l’Evangile ne nous dit pas qu’il a traversé les murs, Il nous dit tout simplement qu’il s’est rendu présent d’une manière inhabituelle. Ainsi, après la résurrection, l’Ecriture nous montre que Jésus ne se montre toujours qu’à des croyants et ses apparitions ne se donnent plus à voir comme des faits objectifs mais bien comme des manifestations de la foi des disciples.

Cette apparition de Jésus en cette soirée est bien une manifestation de la foi des premiers croyants et elle est porteuse de sens car elle a une signification spirituelle. La raison de cette présence de Jésus parmi eux c’est la Parole qu’il leur adresse : « La paix soit avec vous ! ».

Derrière cette salutation banale se révèle pourtant une annonce essentielle, l’annonce de la paix qui reste l’essence même du message de l’Ecriture. Et pour bien en confirmer la portée, Jésus la prononce deux fois ! Et il envoie ses disciples en mission, ce qui signifie qu’il fait souffler sur eux l’Esprit Saint et qu’il leur donne le pouvoir de remettre les péchés, c’est à dire d’annoncer eux-mêmes, aux autres, cette paix de Dieu.

Le sens de cette apparition c’est donc bien, par le Saint Esprit, l’envoi des disciples en mission pour qu’ils annoncent le message libérateur de l’Evangile.

Cette apparition nous dit encore une chose importante car le moment où elle se produit est capital, c’est le dimanche, le premier jour de la semaine, c’est le jour devenu celui du Seigneur, celui du rassemblement hebdomadaire de toute la communauté chrétienne.

Donc, tous les dimanches, lors du rassemblement à l’occasion de la messe, Jésus se rend présent à nous comme lors de ce premier soir qui a suivi sa passion ! Quelle magnifique manière de constater que depuis le jour de sa résurrection il revient régulièrement au milieu de nous pour nous aimer encore et toujours davantage !

Huit jours plus tard, au passage, (ce chiffre n’est pas anodin puisque c’est le chiffre de la plénitude, de la vie nouvelle et de la résurrection), alors que Thomas est parmi le groupe, Jésus apparaît de nouveau et cette fois en portant les traces des clous, (ce qui authentifie le lien entre la crucifixion et la résurrection), pour la troisième fois, il répète la salutation : « la paix soit avec vous ! » et dès qu’il entend cette parole, Thomas n’a plus besoin de preuve et il confesse Jésus comme son Seigneur et son Dieu à égalité avec les autres disciples.

Nous sommes tous dans la situation de Thomas, nous n’avons jamais vu le ressuscité. Thomas en quelques sorte personnifie les croyants des générations à venir et nous sommes les disciples de ces générations. Nous ne cherchons pas des preuves, nous n’avons pas vu mais nous avons cru et comme Thomas, nous sommes sur un pied d’égalité avec les premiers disciples.

Comme Jésus a pu rejoindre les disciples dans leur maison verrouillée, il peut nous rejoindre dans nos enfermements et nous faire entrer dans la liberté.

Et de fait, comme pour les disciples, Jésus, par le Saint Esprit, nous envoie nous aussi en mission pour annoncer le message que nous avons nous-mêmes reçu, le message libérateur de l’Évangile et les lieux les plus appropriés pour le faire restent bien en premier lieu, nos rassemblements liturgiques.

CROIRE sans VOIR, voilà le défi auquel nous appelle cet Evangile … Et pourtant nous en sommes capables … En ces jours difficiles, nous sommes bien tous entrain de croire en un virus que personne ne voit ! Alors est-ce si difficile de croire en quelque chose d’infiniment plus haut et plus merveilleux ; l’amour infini de notre Seigneur Jésus Christ …

A toi la gloire ô ressuscité ! À toi la victoire pour l’éternité !

Christian CANTEGRIT