Cinquième dimanche de Pâques,
Homélie du Père Albert, 10 mai 2020

Samedi 9 mai 2020 — Dernier ajout vendredi 15 mai 2020
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HOMÉLIE DU Cinquième DIMANCHE DE PÂQUES.
Suite du saint Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ selon Saint Jean (XIV, 1-12).

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Dimanche 10 mai 2020

Act.6, 1-7 ; Ps 32 ; 1 Pi. 2, 4-9 ; Jn 14, 1-12

Bien chers Frères et Sœurs, bonjour !

Nous continuons notre marche de foi dans ces circonstances imposées par la pandémie. Confinés depuis le 15 mars, nous ressentons une profonde lassitude, pour les uns, une grande colère pour les autres et surtout une grande inquiétude. Nous voulons être libérés du confinement, mais aussi, nous avons peur de la contamination du virus, peur de la vie en société. Nous sommes bouleversés.

Les textes liturgiques de ce dimanche s’inscrivent dans la droite ligne de cet état d’esprit.

Le contexte de l’évangile proposé à notre méditation est celui du Jeudi Saint et on peut supposer la foi encore bien chancelante des apôtres, le climat lourd et pesant qui accompagne pourtant le soir où ils font leur première communion. Jésus les voit bouleversés.
Il y a eu la trahison de Judas et Jésus vient leur annoncer son départ de ce monde vers une destination inconnue. Vraiment pas de quoi faire la fête ! Et pourtant Il va les rassurer et leur donner, nous donner des raisons d’espérer et de croire quand tout bascule : « que votre cœur ne soit pas bouleversé vous croyez en Dieu, croyez aussi en Moi » ; « Moi, Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». C’est un message plein d’espérance.

Au moment où s’écrit l’évangile de Jean, soixante ans après les événements, les communautés chrétiennes étaient aussi bouleversées. Les chrétiens, en Palestine, au Proche-Orient et ailleurs, avaient beaucoup souffert, ils avaient subi les attaques persistantes de milieux juifs, ils avaient enduré les persécutions du pouvoir romain. Légitimement ils se demandaient si la foi en Jésus servait à quelque chose et si le Christ ne les avait pas conduits à une impasse.

Oui, nous pouvons risquer notre existence derrière Jésus, dans la recherche quotidienne et obstinée de l’amour. Affection, tendresse, dévouement à nos proches, attention aux plus petits, combat pour la justice, lutte pour le partage des biens.

Revenons à la première lecture qui souligne un problème de cohabitation entre les frères de langue grecque et ceux de langue hébraïque ; un problème qui met en relief, l’inégalité flagrante dans les secours portés quotidiennement aux veuves qu’affronte l’Église naissante.
Remarquons surtout la résolution :
Les apôtres convoquent toute l’assemblée des disciples et c’est en assemblée plénière que la décision sera prise. En plénière, notons qu’ils rappellent que l’apostolat (prière) doit toujours tenir compte de la diaconie (service de table) et de la charité (partage).
Il y a donc là un fonctionnement traditionnel de l’Église… Il faudrait sûrement tendre à le retrouver.

La vie éternelle n’est pas une vie qui ne commencerait qu’après la mort. C’est aujourd’hui, c’est maintenant qu’il faut suivre le Christ, vivre de sa vie, s’accrocher à ses pas. C’est aujourd’hui qu’il faut bâtir, édifier comme une esquisse, un avant-goût du royaume à venir.

C’est notre façon d’aimer ici-bas, aujourd’hui qui sera agrandie, accomplie.

Dieu n’est pas ailleurs que dans la vie des hommes et des femmes, dans la vie humaine des pauvres que nous sommes tous. Voilà le Dieu révélé par Jésus Christ et auquel nous essayons de croire même dans les heures les plus sombres de nos existences. Un Dieu qui accomplit des œuvres de miséricorde, de pardon et d’amour. Un Dieu qui établit la dignité de toute personne, qui rétablit la solidarité et qui libère de tout ce qui nous alourdit et nous entrave.

C’est là le visage d’un Dieu très déconcertant et non d’un Dieu omnipotent et sévère. Dieu est au cœur de nos actions quand elles sont profondément humaines, dans la simplicité et la banalité de nos vies et de notre quotidien. Ici et maintenant. Nous sommes les signes de la présence agissante du Christ dans l’Église d’aujourd’hui. Comme la communauté dans la 1re lecture, nous ne devons pas avoir peur de nous adapter aux circonstances, aux situations, aux réalités. « Celui qui croit en moi, dit Jésus, fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père ».

Notre Dame de la Clarté,
nous sommes dans l’épreuve,
Viens nous visiter.
De tous les dangers du monde,
Viens nous délivrer.
Père Albert