Réapprendre à aimer pour réussir notre montée vers Pâques

mardi 3 mars 2015
par  P. Jean Le Rétif
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Chaque semaine ou presque, un roman, un film ou un feuilleton nous racontent une histoire d’amour. Souvent, dans la rue, au travail, au lycée, ou en famille, des propos sont échangés sur ce sujet. Tout au long de la journée, les chansons se succèdent à la radio ou à la télévision et toutes, presque, parlent d’amour. Parfois, tout cela fait rêver « des chansons, tout ça ».
Et pourtant, l’amour c’est tout de même quelque chose que l’on souhaite vivre et rencontrer. L’amour rend les uns bavards et les autres muets. Les mots sont bien faibles pour l’exprimer. L’amour est une sorte de miracle qu’on accueille avec reconnaissance. C’est une sorte d’univers mystérieux dans lequel on pénètre avec respect et qui donne aux êtres et aux choses une transparence.

DANS L’ANCIEN TESTAMENT, AMOUR ET ALLIANCE sont deux réalités qui vont bien ensemble, voire deux mots qui, dans leur essence même, sont indissociables quand on les relie à Dieu, car Dieu est amour, Dieu est lumière, Dieu est Alliance, Dieu est notre Père. La longue histoire dans l’Ancien Testament est l’HISTOIRE belle et compliquée à la fois de l’Alliance de Dieu avec son peuple. Cette histoire connaît des hauts et des bas. Dieu, parfois, menace mais reste fidèle et toujours laisse parler son cœur de Père aimant par l’envoi d’hommes providentiels comme Moïse le libérateur et les prophètes. Dieu n’abandonne jamais son peuple, jusqu’à promettre l’envoi de son propre Fils. Si nous avons un peu de temps, relisons des passages de l’Ancien Testament. C’est vraiment l’histoire d’un amour sans faille d’un Dieu qui accompagne l’homme sur ses chemins d’humanité.

DANS LE NOUVEAU TESTAMENT, AMOUR ET ALLIANCE sont deux expériences fondamentales qui se réalisent pleinement en Jésus, mort et ressuscité. C’est la manifestation de la générosité de Dieu. En ceci s’est manifesté l’amour de Dieu pour nous. Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par lui. « En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés » (1Jean 4, 9-10).

Le Nouveau Testament met en lumière la générosité de Dieu qui a donné son Fils. Tout ce que fut la vie de Jésus jusqu’à la mort et la résurrection, nous montre un acte d’amour de Dieu. « Homme parmi les hommes » dans les remous redoutables de la Palestine du 1er siècle, Jésus vient comme une brûlure, transformer les individus, la société, l’humanité toute entière. Il ensemence l’humanité à venir de son amour manifesté tout au long de sa vie publique et sur la croix. Jésus, Emmanuel, Dieu avec nous, c’est la réalisation de l’histoire sainte de Dieu qui se mêle à la vie des hommes.
Jésus nous donne l’énergie pour nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Il nous aide à combattre toute dureté de cœur, à voir avec les yeux de la tendresse, à donner confiance aux découragés, et à prendre les responsabilités nécessaires pour un monde plus humain.
« Celui-là est catholique qui s’ouvre à tous, qui laisse retentir en son cœur l’amour universel du Seigneur.
Celui-là est catholique qui, au souvenir de la miséricorde du Christ pour lui, devient miséricordieux, c’est-à-dire bouleversé par la misère, par toutes les formes de misère. Celui-là est catholique qui rejette instinctivement tout ce qui est source de division, qui ne peut rencontrer quelqu’un sans chercher obstinément un terrain d’entente avec lui.
Celui-là est catholique qui voit en tout homme non pas la catégorie sociale à laquelle il appartient, non pas l’étiquette d’incroyant ou de protestant ou de juif ou de musulman, mais le frère pour lequel le Christ est mort et qu’il met sur sa route pour recevoir son amour. » (un évêque contemporain)

Jésus en invitant à aimer les autres, invite à s’aimer soi-même.
S’aimer, c’est d’abord s’accepter, tel que l’on est, avec son passé, son corps, sa situation. Au lieu de rêver d’avoir une autre vie, si nous commencions par assumer celle qui est la nôtre ? Accepter nos limites de santé, de temps, d’intelligence, pour être en paix avec nous-même.
S’aimer, c’est accepter d’être aimé tel que nous sommes, par un autre qui nous connaît. Recevoir l’amour d’un autre nous fait exister vraiment. Car c’est l’amour qui rend capable d’aimer.

Oui, notre montée vers Pâques pour la rencontre avec le Ressuscité sera réussie si dans le même temps nous aurons réappris à aimer à la manière des Pères de l’Ancien Testament et du Christ Sauveur. Un beau défi à relever pour un Carême réussi.

Bonne Route vers Pâques !

Jean Le Rétif


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